L’étude ANRS Prévenir, menée en partenariat avec AIDES, valide l’efficacité et la bonne tolérance en vie réelle de la PrEP au bout de trois années de suivi.

L’étude ANRS Prévenir, menée après trois ans de suivi en partenariat avec AIDES, a montré l’efficacité de la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Ces résultats ont été présentés par le Pr Jean-Michel Molina lors de la CROI, la conférence internationale sur les rétrovirus et les infections opportunistes le 9 mars 2021. Cette étude, démarrée en mai 2017, avait pour but de suivre plus de 3 000 personnes en Ile-de-France présentant de fortes vulnérabilités au VIH, afin d’évaluer l’efficacité et la tolérance de la PrEP avec un comprimé contenant deux molécules antirétrovirales : l’emtricitabine et le fumarate de ténofovir disoproxil. Presque la totalité des participants étaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes dont 56% qui utilisaient déjà la PrEP avant l’entrée de cette étude. Après un suivi de 22 mois, seuls six participants ont été infectés par le VIH et tous avaient interrompu la PrEP avant l’infection et avaient continué à avoir des rapports sans préservatif.

La tolérance de la PrEP dans l’étude a été très satisfaisante. Aucun patient n’a dû interrompre la PrEP pour une toxicité rénale. Seules trois personnes ont dû interrompre le traitement pour des problèmes digestifs, qui représentent les effets indésirables les plus fréquents. En termes de comportement sexuel, les chercheurs ont noté au cours de l’étude une diminution du nombre moyen de partenaires chez les participants, mais une augmentation du nombre de rapports sexuels et de rapports sexuels sans préservatif, notamment chez ceux qui ne prenaient pas de PrEP avant d’entrer dans l’étude.

Les résultats de l’étude Prévenir valident donc en vie réelle l’efficacité de la PrEP à la demande, qui a depuis été approuvé par l’OMS et un grand nombre de recommandations internationales.

« La PrEP à la demande, comme la PrEP en continu, représente donc, chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes, une option très efficace de prévention de l’infection par le VIH », conclut le Pr Jean-Michel Molina.

Aurélien Beaucamp, président de AIDES, appuie ces propos : « ces résultats finissent d’ancrer la PrEP comme un outil indispensable de la lutte contre le VIH. Il est désormais indispensable que celui-ci puisse être accessible à toutes les personnes exposées au virus. »

En France, la PrEP est entièrement prise en charge depuis fin 2015.